Articles par Belette pensive

Chialeuse du dimanche et des autres jours de la semaine aussi. Souvent ahurie, parfois hérissée, toujours étonnée, à ne pas prendre à rebrousse-poil, surtout avant le café.

Cher 450 faut qu’on se parle

Portrait-cropé

Salut à toi l’automobiliste qui me laisse passer alors que je n’ai pas la priorité, tu mets du soleil dans mes journées. Salut à toi le conducteur qui me dépasse tranquillement en prenant plus large par la gauche, grâce à toi je me sens en sécurité. Et salut à toi le chauffeur qui écoute de la bonne musique, tu es une rareté. Et maintenant cher 450, faut qu’on se parle.

Pourquoi un 450 ? Parce que j’ai besoin d’un cliché. Un 450, pour le bien de l’exercice est donc un individu convaincu de son droit inaliénable de posséder un char, qui considère les vélos comme une nuisance de calibre mouche noire, qui orgasmise chez Costco, digère encore très mal la perte de l’Auberge du chien noir et vote libéral de père en fils.En échange, je veux bien être un cliché aussi : je fais du vélo un peu pour me déplacer, mais surtout parce que je suis une crisse de folle, j’ai des bas dans mes Birkenstock et un poster de Gabriel Nadeau-Dubois dans ma chambre. L’image te convient cher 450 ? Parfait.

Cher 450, on va se dire les vraies affaires, si jamais je meurs écrasée sous tes roues, entre toi et moi, c’est sans doute toi qui va passer la plus mauvaise journée. Ça va beurrer ton char et tu risques d’avoir affaire à ma maman. Tu sais la scène de l’ourse dans The Revenant ? Ma mère est une femme charmante ou un grizzly, c’est selon.

Avant d‘aller plus loin, sache que j’ai déjà texté au volant en buvant du café avec une cigarette en chauffant manuel. Être cave ça me connaît, alors oui, je peux te comprendre. Cher 450, on n’a pas souvent l’occasion de se parler et encore moins de se comprendre. Si tu veux que j’apprécie toute la richesse langagière dont tu fais preuve en m’injuriant sur la route, ralentis et surtout, ar-ti-cu-le.

Je propose qu’on change de place. Toi sur mon vélo et moi dans ton char, j’en profiterais pour aller au Dix30, as-tu un bon resto à me conseiller ?

Tu verrais, cher 450, que les chantiers à Montréal, ça se traverse pas mal mieux sur 2 roues. T’apprécierais même les cônes orange, on peut s’accoter dessus en attendant au feu rouge, de tout confort ! Tu te réjouirais presque de voir autant de chantiers à force de voir des nids de poule de très très près. Sais-tu comment on appelle les amortisseurs sur un vélo ? Des poignets. Ça aussi ça s’use et c’est chiant à remplacer.

Tu sentirais peut-être qu’entre pollution atmosphérique et voitures, il y a comme un lien, subtil, mais avec le temps tu parviendrais à le détecter grâce à un instrument de mesure assez fiable, ton nez.

Tu pourrais encore croire Éric Duhaime et douter de l’implication humaine dans le réchauffement climatique, mais tu ne pourrais pas nier que l’heure de pointe ça ne sent pas le sapin baumier. Si après une heure de vélo dans le trafic, tu as encore le goût de rouler en hummer, je te donne un t-shirt « I’m a douche. Kiss me ».

Je sais 450, que ta voiture est le prolongement de ta personne, mais ne le prends pas personnel quand je me place devant toi au feu rouge. Je ne cherche pas à te montrer effrontément mon postérieur, je veux juste juste m’enlever la face de ton « exhaust ».Tu comprendrais que si je pars sur la jaune, c’est pas pour te narguer, mais pour m’éloigner de ton accélération impatiente du jeudi soir. Si je ne fais pas mon stop au complet, relaxe. J’essaie juste d’économiser un peu d’huile de pattes. Sais-tu comment on appelle l’accélérateur sur un vélo ? des genoux. Et si je zigonne toujours un peu aux intersections dans des mouvements de guidon pas clairs, c’est pas pour te niaiser, c’est juste pour rester en équilibre sur mon vélo. J’ai essayé d’échapper aux lois de la physique, mais j’y arrive pas.

Si je roule parfois dans ta voie, c’est parce que souvent, la mienne n’existe pas. La rue est assez large pour nous deux, dépasse-moi en toute confiance. Et si elle est étroite, oui va falloir que tu te tasses sur la file de chars stationnés. Et si t’as peur qu’une portière s’ouvre devant toi, bienvenue dans mon monde !

Cher 450, où étais-tu le jour où ils ont expliqué le concept de regarder avant d’ouvrir une portière ?

Je t’haïs quand je te vois sortir de ta voiture cellulaire à la main, nez en l’air, yeux dans le coffre à gant ou bien fixés sur tes souliers en crocodile dans l’inconscience totale de tout ce qui n’est pas toi. Je t’haïs tellement que je te souhaite un bouton de chaleur sur le scrotum, un cheveu dans ton sandwich jambon-mayonnaise, de te pincer une couille en t’assoyant. Je te souhaite de te faire chier dessus par un pigeon voyageur dont ce sera l’unique message. Je te souhaite d’oublier de te secouer la goutte qui laissera sa marque dans ton pantalon beige et de t’enfarger dans tes souliers à long bout pointu. Des souliers à bout pointu, c’est louche. Quiconque porte de telles chaussures est né pour être désagréable, se pavaner au Grand prix et considérer les prostituées comme des biens essentiels de consommation.

Je te déteste quand tu ouvres ta portière sans regarder plus loin que ton aura, qui est brune en passant. Et même si je respecte ton droit d’exister dans un maximum d’insouciance, ton je-me-moi ne vaut pas mes clavicules que je me pourrais me briser au terme d’un vol plané. Rien n’irrite plus le cycliste que les vols planés inopinés.

Mais si je te crie dessus parce que vraiment ta portière s’est ouvert trop proche, trop vite, sache que c’est la peur bien plus que la haine qui parle. Quand j’ai peur, mon Neandertal intérieur sort pour tenter d’intimider le mammouth que tu es. Rien de personnel.

Alors regarde donc cher 450 avant d’ouvrir ta portière. Facile, il s’agit d’utiliser les muscles du cou dans une légère rotation de la tête. Profites-en pendant qu’elle tourne encore; tu vieillis 450, autant le faire en beauté.

Allez, bonne route !

Les Messieurs dans les buissons

 

Portrait-cropé

J’aime l’exubérance de la nature en été. Arcs-en-ciel doubles, envolée de moumoutes de pollen, orages spectaculaires. De beaux spectacles !

La nature humaine vient compléter le tableau par quelques curieux comportements qui, bien que moins majestueux, ne manquent pas de couleurs pour autant.

En certains lieux secrets, à l’abri d’une nature luxuriante, une curieuse faune s’adonne à une luxure jugée contre-nature par les esprits rétrogrades.

Les messieurs dans les buissons. En plus des écureuils, des araignées et des moufettes de passage, certains buissons des villes sont aussi fréquentés par des messieurs à la recherche d’autres messieurs venus… échanger.

Pourquoi se rencontrer au bar quand on peut se rencontrer dans le buisson ?

C’est frais, discret, poétique. Délicat ? Ça, je ne sais pas, ça doit dépendre des messieurs.

La population vit dans l’ignorance de la chose sauf lorsqu’une personnalité se fait prendre dans la posture du petit chevreuil qui fait couic couic.

Intrigante pratique. Jamais il ne me viendrait à l’esprit d’aller me balader le soir dans un boisé au petit bonheur la chance dans le but d’y faire une rencontre sexuelle intéressante. Le Petit Chaperon rouge m’aura bien appris à me méfier du loup. Et des grands-mères poilues.

Les messieurs qui fréquentent les buissons eux, ont une lecture beaucoup plus versatile du conte. Ils sont à la fois le loup, le petit chaperon, le petit pot de beurre, la chevillette, la bobinette et tape-la-galette-les-garçons-mais-pas-les-filles-avec. En s’aventurant dans le bois, ils n’ont qu’à craindre d’être déçus. Une crainte qui, d’un point de vue féminin, est assez reposante je trouve. Et si l’homme est un loup pour l’homme, qu’à cela ne tienne ! Les messieurs dans les buissons sauront en tirer profit à la satisfaction de chacune des parties.

Je serais restée complètement indifférente à cette pratique si ma route n’avait pas croisé l’un de ses sentiers du plaisir de façon régulière au cours des dernières années. Un lieu louche où il se passait clairement quelque chose, mais quoi ?

Qu’on se rassure, je n’ai jamais rien vu de répréhensible ou choquant, ni même entendu ne serait-ce qu’un soupir évocateur. Rien. Si jamais vous y voyez une verge exposée, c’est probablement la vôtre que vous auriez inopinément laissée tomber dans les mains de l’un de ces messieurs.

Mais avant de savoir de quoi il retournait, j’avoue que de voir des hommes à la nuit tombée sortir des bois avec l’œil du chasseur, suscite, au-delà de la curiosité, une folle envie de décâlisser au plus crisse, au cas où…

Un jour, en passant par là en accélérant comme d’habitude, au cas où, je croise un homme marchant d’un pas mesuré et vêtu de façon non équivoque : pantalons de cuir, petite veste de cuir, gants de cuir et casquette assortie. Un folklorique gai ! J’étais fixée. Depuis, le lieu et ses curieux promeneurs font partie de mon paysage. Chaque année, sitôt la neige fondue et le mercure moindrement conciliant, les messieurs aux buissons réapparaissent. Chaque année, fidèles comme les bourgeons, ils repoussent.

D’un point de vue rationnel, la pratique a ses avantages.

Gratuite, elle démocratise la rencontre intime. En saison bien entendu. Nous sommes un pays de saisons et y a-t-il plus bel hommage à faire à la nature que de suivre ses rythmes jusque dans nos caleçons ?

Écologique, la rencontre ne nécessite pas de requête internet à tant de mégabits/sec sur des serveurs américains alimentés, on l’espère, par autre chose qu’une centrale au charbon. Dans ta face Réseau contact !

On marche lentement, contemplatif, on zieute et hop on disparaît communier dans la pénombre. Une activité quasi monastique. Pas de détour en taxi, on consomme sur-le-champ ce qu’on a dragué. Peut-on manger plus frais et local? Vivement qu’Équiterre encourage la pratique !

Je ne m’attarderai pas sur les raisons profondes qui poussent les hommes à la rencontre anonyme, furtive, clandestine, mais je me pose la question et si ça devenait normal ? Baise gratuite et écologique pour tous et toutes.

Bien sûr, par délicatesse, on éviterait de s’exécuter dans les transports en commun à l’heure de pointe, par respect pour ceux qui essaient de lire le journal. Et pas non plus de galipettes dans les toilettes publiques, par respect pour ceux qui ont une envie pressante. Rien n’est plus contrariant que de voir son petit pipi frustré par l’orgasme d’autrui.

Ne serait-il pas salutaire que les burnes de la nation renouent avec la fraîcheur bien connue de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, fraîcheur qui favorise la vigueur des spermatozoïdes ? Il faudrait, pour mesurer pleinement l’effet bénéfique de la pratique, que des femmes hétérosexuelles s’y adonnent. Mais j’en doute. Le phénomène semble exclusivement masculin.

Et des madames dans les buissons qui attendent d’autres madames ? Il n’y en a pas. J’ai checké. Pourquoi pas ? Peut-être parce qu’elles sont nombreuses, à craindre de constater, si de tels lieux existaient, que la matante cinquantenaire malaisante n’a pas disparu avec la fermeture du Drugstore[1] et qu’elles s’épivardent la coupe Longueil (ou le turbo, à votre goût) en parlant fort et en riant gras, donnant ainsi l’impression de se faire draguer par un buisson parlant. Divertissant oui, mais érotisant, non.

Alors je laisse ça aux hommes et je me contente de passer par là les soirs d’été en chantant à tue-tête : gai lon la, gai le rosier, bonne soirée messieurs, la crowd est bonne à soir !

Parole de Cassouille

 

[1] Le Drugstore, bar du village gai de Montréal où le cheveu poivre et sel, court sur le dessus, long derrière s’harmonisait avec le polo rentré dans le bermuda de golf, Labatt bleue à la main et mes respects mam’zelle ! Nostalgie…

Pop-sac-à-vie-sau-sec-fi-copin mon estie de cul !

Tangerine Vs caisse pop

Je suis membre de la caisse populaire Desjardins depuis l’âge de 6 ans, une appartenance que j’ai scellée en allant déposer mon 5 dollars de part sociale avec toute la fierté d’une petite qui pose un geste de grand.

Notre union dure depuis 30 ans. Oh, je ne suis pas toujours fidèle. Ma caisse, je la trompe de plus en plus régulièrement avec une rouquine, une tangerine, dont l’intérêt est plus élevé.

Il faut dire que ma caisse a maintes fois trahi ses promesses, m’en demandant toujours plus pour m’en donner toujours moins, mais je refuse de divorcer. 30 ans, nos noces de perle… Jolie expression tout à propos puisque j’ai de plus en plus le sentiment que ma caisse se roule la perle en secret dans sa coquille tout en demeurant hermétiquement fermée à mes besoins.

Pas plus tard que cette semaine j’ai eu la désagréable surprise de constater d’étonnants virements à découvert sur ma carte de crédit. Ma caisse ayant supprimé les marges de crédit personnelles de moins de 1 000$, c’est ma VISA qui fournit les fonds advenant un manque de provisions.

Mais des provisions j’en ai ! J’en fais ! Mon totem c’est écureuil inquiet. Je provisionne en masse ! Où est passé mon argent ? Bien que mon compte indique un solde positif, par 3 fois des sommes ont été portées à ma carte VISA comme si je m’étais procuré de la poudre à crédit. Parfaitement absurde, je ne fais plus de poudre et d’ailleurs j’ai toujours payé ma drogue rubis sur l’ongle, question de principes !

Je passe donc un petit coup de fil à AccèsD. AccèsD, le mur pare-feu entre ma caisse et moi, très utile pour certaines choses et beaucoup moins pour d’autres, en cas de problèmes notamment.

J’appelle, je pitonne, piétine, repitonne et réussit à triompher du diabolique menu automatisé, grâce à l’option secrète « faites le zéro pour parler à quelqu’un », option que l’on supprime délibérement des menus automatisés pour éviter justement que l’on parle à quelqu’un, cette habitude fâcheuse d’un autre siècle. Vive le virage numérique ! comme nous le répète si bien Mélanie Joly à toutes les 15 minutes.

Préposé : Comment puis-je vous aider aujourd’hui ?

Déjà dans le ton, je sens la déception du préposé au bout du fil : « Ah shit, vous avez réussi à me parler. C’est un échec. Je vais perdre des points au rapport d’évaluation. »

Préposé : Comment puis-je vous aider aujourd’hui ?

Moi : Je cherche à élucider le mystère par lequel mon argent est soudainement indisponible et que le moindre paiement de facture se transforme en avance de fonds sur ma carte de crédit.

On me transfère directement à ma succursale, où là on déguise d’une extrême politesse l’envie de ne pas trop m’aider.

Après un « moment d’attente involontaire de notre part, gardez la ligne », l’ employée No 4812 qui se fait appeler Solange pour paraître plus humaine, me remercie de ma « très grande patience » et m’explique le nœud de l’affaire : le dépôt d’un chèque issu d’une autre province entraîne une retenue de 15 jours ouvrables, privant ainsi mon compte des sommes dont j’ai besoin, la routine quoi ! Sauf que rien ne m’indique que cette somme est retenue et rien ne m’avise avant de faire une transaction que je m’expose à des frais d’intérêt élevés sur ma carte de crédit. Pas de message, de point d’exclamation, de « voulez-vous continuer ? », de voyant lumineux ni témoin sonore. Nada.

Oh un instant, pardon ! je pouvais être au courant, me précise Solange 4812. Sur le site de la caisse, en dehors du cadre détaillant chaque transaction, se trouve un onglet au titre vague d’« informations sur le compte ». Comme ledit onglet ne clignote pas, et que je sais tout ce qu’il y a à savoir sur mon compte : que c’est le mien et que j’y fais des opérations, je n’ai pas d’incitatif particulier, chère Solange, à consulter cet onglet.

Mais j’ai tort ! Solange 4812 entreprend de me répéter en boucle que les retenues sur le compte apparaissent sous l’onglet « informations sur le compte », lorsqu’il y a des retenues sur le compte ce que je saurais si je consultais l’onglet informations sur le compte, pour peu que je soupçonne l’existence de cette information à cet endroit ce qui n’est pas le cas de la majorité des gens m’avoue Solange tout en ponctuant ses phrases de « en fait » et « au niveau de » à tous les 2 mots me confirmant ainsi dans mon intuition que Solange est un avatar et qu’à sa naissance, les médecins se sont exclamés : « C’est un robot ! Nous l’appellerons 4812. »

Par l’entremise de Solange 4812, ma caisse essaie de me culpabiliser de ne pas avoir regardé là où personne ne regarde. Ô Caisse pop, ton pop a-t-il encore quelque chose de populaire ou est-ce seulement le son de ton bijou d’anus lorsque tu le retires ?

Comme mon interlocutrice ne semble pas programmée pour aller au-devant des besoins du client. J’ose une suggestion. Pourrait-on, à défaut de rendre mon argent disponible, au minimum annuler les frais de crédit qui s’accumulent sur ma carte ?

Autre moment d’attente, cette fois beaucoup plus long et sans musique, que le vide au bout du fil… ma caisse use de guerre psychologique… bring it on Solange !

Solange 4812 : Madame Charbonneau, merci de votre très grande patience.

Le ton est parfait. Les inflexions vocales normalisées, standardisées, déshumanisées, lisses et fausses, dignes d’un porno. Ça promet.

Solange 4812 : Madame Charbonneau, en fait, au niveau de votre demande de remboursement de frais de crédit, ce serait un montant d’environ seulement 2$. Voulez-vous quand même que je procède au niveau de la demande de remboursement ?

Comment ça, « quand même » !?

L’Institution qui a fait 462 millions $ de profits au dernier trimestre de 2015 a le culot de me demander si je veux mon 2 piasses ? Seulement 2 $… Justement, c’est peu, je trouve, pour se faire fourrer !

Ma caisse s’astique le manche devant moi tout en faisant peu de cas de mon consentement.

On essaie de me faire sentir cheap, pingre, Séraphine de mes propres argents. Ainsi soit-il ! « Seulement 2 $ », je me croirais au cinéma quand on me propose le format de liqueur supérieur pour seulement 0,50 $ de plus.

Seulement 2$. Moins que les frais d’opération que vous me chargez chaque mois, moins que les ristournes que vous me versez, moins que… Solange 4812 m’avait déjà remis en attente.

Solange 4812 : Madame Charbonneau merci de votre très grande patience…

Ne sous-estimez jamais, chère Solange, la capacité d’attente du travailleur autonome. C’est la clé du succès. On m’a finalement remboursé et 3$ plutôt que 2.

Pop-sac-à-vie-sau-sec-fi-co-pin mon estie de cul !

Par le passé, j’ai déjà joué au client mystère pour le compte de Desjardins. Ce que Desjardins veut savoir c’est si quelqu’un m’a souri à l’entrée, a établi un contact visuel avec moi dans un rayon de 3 mètres, m’a offert un café, et si mon conseiller financier portait l’épinglette réglementaire de Desjardins à son veston. Bref, ma caisse se fout de moi, mais est très soucieuse de l’image qu’elle projette. En ce sens, ma caisse vit avec son temps et c’est pourquoi je vais en faire autant et goûter à la Tangerine un peu plus souvent.

Parole de Cassouille

 

 

Ma bucket list

mj

La meilleure façon de se garder en vie, à part éviter le car surfing, le bacon et les terroristes c’est d’entretenir une liste des choses à faire avant de mourir, la fameuse bucket list.

Voici donc la plus récente version de ma bucket list :

– Trouver une traduction satisfaisante à bucket list.« Liste de la dernière chance » me semble trop dramatique et « liste de chaudière », parfaitement insensé. Je propose donc « liste des envies » ou « choses à réaliser au moins une fois dans sa vie » en attendant de trouver mieux.

Avant de mourir, je me propose donc de :

– Vivre. C’est con mais on a tendance à l’oublier. C’est pourtant la seule chose à faire de son vivant. Pour savoir comment, consulter le rayon psycho-pop d’une pharmacie en attendant sa prescription de « peulules ».

– Si possible, avoir des bobettes propres au moment du décès. Je l’inclus sur la liste, ne serait-ce pour me rappeler que vivre pleinement exige un minimum de prévoyance.

– Faire la démonstration scientitfique que toutte est dans toutte, pas tellement par mysticisme mais parce que j’aime l’expression « toutte est dans toutte » ça sonne bien.

– Obtenir un selfie avec Mélanie Joly.

– Faire quelque chose de totalement inutile et ridicule comme aller dans l’espace, mais disons à une échelle moins indécente financièrement parlant : faire de la luge à poil, ou chanter «enwoye enwoye la tite tite tite» dans une parade militaire à Moscou.

– Faire l’amour sans avoir la moindre pensée parasite, ne serait-ce qu’une micro-seconde. Par pensée parasite, j’entends tout ce qui n’a pas de rapport direct et immédiat avec ce qui se passe au moment où ça se passe. À noter que la pensée « mais à qui appartient ce bras superflu ? » est  autorisée dans la mesure où elle n’entraîne pas de réelle investigation sur le sujet, ce qui laisserait supposer qu’il y a réellement un bras en trop, désagréable !

– Aller m’assoir dans une salle d’attente quelconque juste pour jaser.

– Trouver quelque chose de saugrenu à enterrer, un troll ou un disque de Mario Pelchat, juste pour le plaisir de mystifier les archéologues du futur.

– Écouter les histoires d’au moins 2 ou 3 vieux avec qui je n’ai aucun lien de parenté (ne peut-être jumelé avec le projet «jasette de salle d’attente»).

– Écouter l’Auberge du chien noir et percer le mystère de sa longévité.

– Participer à la Poule aux Œufs d’or déguisée en poussin ou en hamster, j’hésite.

-Assister à une messe évangélique et me repentir à voix haute de quelque chose. Pas besoin de chercher bien loin, l’ensemble de ce que je suis, fait et dit devrait largement suffire.

– Posséder un buisson chantant.

– Apprendre à chasser. Pour vrai ! Apprendre à tirer avec une vraie arme à feu et partir puer dans le bois avec un chasseur expérimenté pour le simple trip de savoir ce que ça fait d’aller chercher sa bouffe dans son habitat naturel.

– Faire un potager pour les mêmes raisons.

– Rétablir la mode des lignes de bobette visibles à travers le pantalon, l’hiver s’en vient et une fesse emballée est une fesse heureuse et avenante. Si les pantalons tailles hautes font un retour, tout est possible, croyez en vos rêves.

– Suivre un cours de parachutisme dans le but d’effectuer un saut en chute de libre de façon autonome pour être pleinement maître de mon destin pendant au moins 60 secondes. Ça prendra ce que ça prendra, je vais finir par les assumer mes responsabilités.

– Répondre positivement à la sollicitation passive d’un Témoin de Jéhova dans un lieu public. Lui acheter sa maudite revue « Réveillez-vous » et la lui brandir dans le visage en disant : « Toi- même !»

– Écrire la plus belle histoire d’amour après l’avoir vécue. M’attendre à vivre vieille… revoir mes placements financiers en conséquence.

– Écrire à Cashmere pour leur dire que leur papier de toilette vaut pas de la marde.

– Trouver une mallette pleine de fric et la garder pour moi.

– Péter en public et me dénoncer.

– Découvrir le sens de la vie. Ouvrir un petit kiosque « Découvrez le sens de la vie : 5$ seulement ». Faire fortune en douce. Bien rigoler.

– Nager avec des tortues ou des hippopotames, j’hésite.

– Aller au Chic Resto Pop.

– Apprendre à tricoter au cas où je vivrais vieille. Une petite vieille qui ne sait pas tricoter, ça ne fait pas sérieux.

– Prendre rendez-vous avec un médium africain qui promet le retour de l’être aimé et par la même occasion, désenvoûte les cafetières.

– Il paraît que les koalas puent… aller vérifier.

– Renouveler la liste régulièrement. Une bucket list achevée, synonyme de danger.

 

Parole de Cassouille