Pop-sac-à-vie-sau-sec-fi-copin mon estie de cul !

Tangerine Vs caisse pop

Je suis membre de la caisse populaire Desjardins depuis l’âge de 6 ans, une appartenance que j’ai scellée en allant déposer mon 5 dollars de part sociale avec toute la fierté d’une petite qui pose un geste de grand.

Notre union dure depuis 30 ans. Oh, je ne suis pas toujours fidèle. Ma caisse, je la trompe de plus en plus régulièrement avec une rouquine, une tangerine, dont l’intérêt est plus élevé.

Il faut dire que ma caisse a maintes fois trahi ses promesses, m’en demandant toujours plus pour m’en donner toujours moins, mais je refuse de divorcer. 30 ans, nos noces de perle… Jolie expression tout à propos puisque j’ai de plus en plus le sentiment que ma caisse se roule la perle en secret dans sa coquille tout en demeurant hermétiquement fermée à mes besoins.

Pas plus tard que cette semaine j’ai eu la désagréable surprise de constater d’étonnants virements à découvert sur ma carte de crédit. Ma caisse ayant supprimé les marges de crédit personnelles de moins de 1 000$, c’est ma VISA qui fournit les fonds advenant un manque de provisions.

Mais des provisions j’en ai ! J’en fais ! Mon totem c’est écureuil inquiet. Je provisionne en masse ! Où est passé mon argent ? Bien que mon compte indique un solde positif, par 3 fois des sommes ont été portées à ma carte VISA comme si je m’étais procuré de la poudre à crédit. Parfaitement absurde, je ne fais plus de poudre et d’ailleurs j’ai toujours payé ma drogue rubis sur l’ongle, question de principes !

Je passe donc un petit coup de fil à AccèsD. AccèsD, le mur pare-feu entre ma caisse et moi, très utile pour certaines choses et beaucoup moins pour d’autres, en cas de problèmes notamment.

J’appelle, je pitonne, piétine, repitonne et réussit à triompher du diabolique menu automatisé, grâce à l’option secrète « faites le zéro pour parler à quelqu’un », option que l’on supprime délibérement des menus automatisés pour éviter justement que l’on parle à quelqu’un, cette habitude fâcheuse d’un autre siècle. Vive le virage numérique ! comme nous le répète si bien Mélanie Joly à toutes les 15 minutes.

Préposé : Comment puis-je vous aider aujourd’hui ?

Déjà dans le ton, je sens la déception du préposé au bout du fil : « Ah shit, vous avez réussi à me parler. C’est un échec. Je vais perdre des points au rapport d’évaluation. »

Préposé : Comment puis-je vous aider aujourd’hui ?

Moi : Je cherche à élucider le mystère par lequel mon argent est soudainement indisponible et que le moindre paiement de facture se transforme en avance de fonds sur ma carte de crédit.

On me transfère directement à ma succursale, où là on déguise d’une extrême politesse l’envie de ne pas trop m’aider.

Après un « moment d’attente involontaire de notre part, gardez la ligne », l’ employée No 4812 qui se fait appeler Solange pour paraître plus humaine, me remercie de ma « très grande patience » et m’explique le nœud de l’affaire : le dépôt d’un chèque issu d’une autre province entraîne une retenue de 15 jours ouvrables, privant ainsi mon compte des sommes dont j’ai besoin, la routine quoi ! Sauf que rien ne m’indique que cette somme est retenue et rien ne m’avise avant de faire une transaction que je m’expose à des frais d’intérêt élevés sur ma carte de crédit. Pas de message, de point d’exclamation, de « voulez-vous continuer ? », de voyant lumineux ni témoin sonore. Nada.

Oh un instant, pardon ! je pouvais être au courant, me précise Solange 4812. Sur le site de la caisse, en dehors du cadre détaillant chaque transaction, se trouve un onglet au titre vague d’« informations sur le compte ». Comme ledit onglet ne clignote pas, et que je sais tout ce qu’il y a à savoir sur mon compte : que c’est le mien et que j’y fais des opérations, je n’ai pas d’incitatif particulier, chère Solange, à consulter cet onglet.

Mais j’ai tort ! Solange 4812 entreprend de me répéter en boucle que les retenues sur le compte apparaissent sous l’onglet « informations sur le compte », lorsqu’il y a des retenues sur le compte ce que je saurais si je consultais l’onglet informations sur le compte, pour peu que je soupçonne l’existence de cette information à cet endroit ce qui n’est pas le cas de la majorité des gens m’avoue Solange tout en ponctuant ses phrases de « en fait » et « au niveau de » à tous les 2 mots me confirmant ainsi dans mon intuition que Solange est un avatar et qu’à sa naissance, les médecins se sont exclamés : « C’est un robot ! Nous l’appellerons 4812. »

Par l’entremise de Solange 4812, ma caisse essaie de me culpabiliser de ne pas avoir regardé là où personne ne regarde. Ô Caisse pop, ton pop a-t-il encore quelque chose de populaire ou est-ce seulement le son de ton bijou d’anus lorsque tu le retires ?

Comme mon interlocutrice ne semble pas programmée pour aller au-devant des besoins du client. J’ose une suggestion. Pourrait-on, à défaut de rendre mon argent disponible, au minimum annuler les frais de crédit qui s’accumulent sur ma carte ?

Autre moment d’attente, cette fois beaucoup plus long et sans musique, que le vide au bout du fil… ma caisse use de guerre psychologique… bring it on Solange !

Solange 4812 : Madame Charbonneau, merci de votre très grande patience.

Le ton est parfait. Les inflexions vocales normalisées, standardisées, déshumanisées, lisses et fausses, dignes d’un porno. Ça promet.

Solange 4812 : Madame Charbonneau, en fait, au niveau de votre demande de remboursement de frais de crédit, ce serait un montant d’environ seulement 2$. Voulez-vous quand même que je procède au niveau de la demande de remboursement ?

Comment ça, « quand même » !?

L’Institution qui a fait 462 millions $ de profits au dernier trimestre de 2015 a le culot de me demander si je veux mon 2 piasses ? Seulement 2 $… Justement, c’est peu, je trouve, pour se faire fourrer !

Ma caisse s’astique le manche devant moi tout en faisant peu de cas de mon consentement.

On essaie de me faire sentir cheap, pingre, Séraphine de mes propres argents. Ainsi soit-il ! « Seulement 2 $ », je me croirais au cinéma quand on me propose le format de liqueur supérieur pour seulement 0,50 $ de plus.

Seulement 2$. Moins que les frais d’opération que vous me chargez chaque mois, moins que les ristournes que vous me versez, moins que… Solange 4812 m’avait déjà remis en attente.

Solange 4812 : Madame Charbonneau merci de votre très grande patience…

Ne sous-estimez jamais, chère Solange, la capacité d’attente du travailleur autonome. C’est la clé du succès. On m’a finalement remboursé et 3$ plutôt que 2.

Pop-sac-à-vie-sau-sec-fi-co-pin mon estie de cul !

Par le passé, j’ai déjà joué au client mystère pour le compte de Desjardins. Ce que Desjardins veut savoir c’est si quelqu’un m’a souri à l’entrée, a établi un contact visuel avec moi dans un rayon de 3 mètres, m’a offert un café, et si mon conseiller financier portait l’épinglette réglementaire de Desjardins à son veston. Bref, ma caisse se fout de moi, mais est très soucieuse de l’image qu’elle projette. En ce sens, ma caisse vit avec son temps et c’est pourquoi je vais en faire autant et goûter à la Tangerine un peu plus souvent.

Parole de Cassouille

 

 

Ma bucket list

mj

La meilleure façon de se garder en vie, à part éviter le car surfing, le bacon et les terroristes c’est d’entretenir une liste des choses à faire avant de mourir, la fameuse bucket list.

Voici donc la plus récente version de ma bucket list :

– Trouver une traduction satisfaisante à bucket list.« Liste de la dernière chance » me semble trop dramatique et « liste de chaudière », parfaitement insensé. Je propose donc « liste des envies » ou « choses à réaliser au moins une fois dans sa vie » en attendant de trouver mieux.

Avant de mourir, je me propose donc de :

– Vivre. C’est con mais on a tendance à l’oublier. C’est pourtant la seule chose à faire de son vivant. Pour savoir comment, consulter le rayon psycho-pop d’une pharmacie en attendant sa prescription de « peulules ».

– Si possible, avoir des bobettes propres au moment du décès. Je l’inclus sur la liste, ne serait-ce pour me rappeler que vivre pleinement exige un minimum de prévoyance.

– Faire la démonstration scientitfique que toutte est dans toutte, pas tellement par mysticisme mais parce que j’aime l’expression « toutte est dans toutte » ça sonne bien.

– Obtenir un selfie avec Mélanie Joly.

– Faire quelque chose de totalement inutile et ridicule comme aller dans l’espace, mais disons à une échelle moins indécente financièrement parlant : faire de la luge à poil, ou chanter «enwoye enwoye la tite tite tite» dans une parade militaire à Moscou.

– Faire l’amour sans avoir la moindre pensée parasite, ne serait-ce qu’une micro-seconde. Par pensée parasite, j’entends tout ce qui n’a pas de rapport direct et immédiat avec ce qui se passe au moment où ça se passe. À noter que la pensée « mais à qui appartient ce bras superflu ? » est  autorisée dans la mesure où elle n’entraîne pas de réelle investigation sur le sujet, ce qui laisserait supposer qu’il y a réellement un bras en trop, désagréable !

– Aller m’assoir dans une salle d’attente quelconque juste pour jaser.

– Trouver quelque chose de saugrenu à enterrer, un troll ou un disque de Mario Pelchat, juste pour le plaisir de mystifier les archéologues du futur.

– Écouter les histoires d’au moins 2 ou 3 vieux avec qui je n’ai aucun lien de parenté (ne peut-être jumelé avec le projet «jasette de salle d’attente»).

– Écouter l’Auberge du chien noir et percer le mystère de sa longévité.

– Participer à la Poule aux Œufs d’or déguisée en poussin ou en hamster, j’hésite.

-Assister à une messe évangélique et me repentir à voix haute de quelque chose. Pas besoin de chercher bien loin, l’ensemble de ce que je suis, fait et dit devrait largement suffire.

– Posséder un buisson chantant.

– Apprendre à chasser. Pour vrai ! Apprendre à tirer avec une vraie arme à feu et partir puer dans le bois avec un chasseur expérimenté pour le simple trip de savoir ce que ça fait d’aller chercher sa bouffe dans son habitat naturel.

– Faire un potager pour les mêmes raisons.

– Rétablir la mode des lignes de bobette visibles à travers le pantalon, l’hiver s’en vient et une fesse emballée est une fesse heureuse et avenante. Si les pantalons tailles hautes font un retour, tout est possible, croyez en vos rêves.

– Suivre un cours de parachutisme dans le but d’effectuer un saut en chute de libre de façon autonome pour être pleinement maître de mon destin pendant au moins 60 secondes. Ça prendra ce que ça prendra, je vais finir par les assumer mes responsabilités.

– Répondre positivement à la sollicitation passive d’un Témoin de Jéhova dans un lieu public. Lui acheter sa maudite revue « Réveillez-vous » et la lui brandir dans le visage en disant : « Toi- même !»

– Écrire la plus belle histoire d’amour après l’avoir vécue. M’attendre à vivre vieille… revoir mes placements financiers en conséquence.

– Écrire à Cashmere pour leur dire que leur papier de toilette vaut pas de la marde.

– Trouver une mallette pleine de fric et la garder pour moi.

– Péter en public et me dénoncer.

– Découvrir le sens de la vie. Ouvrir un petit kiosque « Découvrez le sens de la vie : 5$ seulement ». Faire fortune en douce. Bien rigoler.

– Nager avec des tortues ou des hippopotames, j’hésite.

– Aller au Chic Resto Pop.

– Apprendre à tricoter au cas où je vivrais vieille. Une petite vieille qui ne sait pas tricoter, ça ne fait pas sérieux.

– Prendre rendez-vous avec un médium africain qui promet le retour de l’être aimé et par la même occasion, désenvoûte les cafetières.

– Il paraît que les koalas puent… aller vérifier.

– Renouveler la liste régulièrement. Une bucket list achevée, synonyme de danger.

 

Parole de Cassouille